La Papauté à Avignon

La papauté à Avignon de 1309 à 1376

 C’est Clément V qui s’installe à Avignon au couvent des Dominicains en 1309. Ce pape et sa cour, avant de choisir cette cité, étaient itinérants. Il y aura sept papes à Avignon, tous occitans. Et c’est Grégoire XI qui s’installant à Rome en 1376 quittera donc Avignon.

 Avignon est à l’origine le siège de l’évêché, en cette époque où le découpage administratif épouse le contour du découpage religieux, à savoir :

  • Paroisses
  • Évêchés
  • Archevêchés (regroupement de plusieurs évêchés).

L’Église est dirigée par le collège des cardinaux, créés par le Pape, qui est à ce moment-là souverain spirituel et temporel à la fois, c’est-à-dire qu’il a un royaume et des revenus. Le pape souverain détient tous les pouvoirs, domine le monde, représente Dieu sur Terre. Les rois et empereurs lui doivent obéissance, la puissance papale étant au-dessus d’eux. C’est cette période que l’on nomme théocratie pontificale. Mais les querelles du pape avec l’Empire germanique et souvent la ville de Rome l’obligent à une certaine « itinérance » pendant des décennies.

 Pourquoi avoir choisi Avignon en 1309 ?

La nomadisme de la cour pontificale – ou curie romaine – pose des problèmes de gouvernance à la papauté. Avignon, ville située en Provence, appartient à la maison d’Anjou qui est vassale du Pape. En outre, la ville n’est pas très loin de Carpentras dans le Comtat Venaissin qui, depuis 1274, appartient à la papauté. La proximité du royaume de France joue aussi un rôle. De plus la vallée du Rhône est un grand couloir de circulation et c’est à Avignon que se trouve le seul pont entre Lyon et la mer. À ce moment-là, la ville est une cité active, prospère et pacifique de 5000 à 6000 habitants avec une campagne très riche. Autre avantage, la langue parlée est la langue d’Oc, proche du gascon, langue du Pape.

 Le XIV ème siècle (années 1300) se déroule dans un contexte particulier :

  • Dés 1294, la théocratie pontificale est remise en cause opposant partisans, les Guelfes et adversaires, les Gibelins qui eux soutiennent l’Empereur germanique.
  • 1337 voit le début de la guerre de Cent ans.
  • Les années 1348-1349 connaissent l’épidémie de la peste noire qui décime au moins un tiers de la population en Europe dont de nombreux ecclésiastiques.

Ces événements entraînent une grave crise économique mais aussi religieuse.

Les conséquences religieuses sont multiples dans une société très croyante avec :

  • L’apparition du Purgatoire après la peste noire où de nombreux croyants sont inhumés sans sacrement.
  • La mise en place des Indulgences, chacun selon ses moyens achète des jours, des mois ou des années pour accéder plus rapidement au Paradis.
  • La mise en place du système des bénéfices, places et revenus attachés à une charge ecclésiastique qui est une des sources de l’opposition entre papauté et monarchie pour savoir qui doit désigner les responsables de ces charges.
  • La mise en place d’un véritable tribunal, sous contrôle de l’autorité papale, qui instruit les procès en canonisation. Jusque là, c’était le peuple qui désignait les saints.
  • Le développement de confréries de quartiers et de métiers qui jouent un rôle spirituel mais qui ont aussi une fonction sociale importante de solidarité entre membres d’une même confrérie.

Parmi les papes en Avignon, deux ont un rôle important :

  • Jean XXII, élu à 72 ans, avec une formation de juriste canonique et romain plus que de théologien, qui assure de 1316 à 1334 un des plus long pontificats (18 ans). Comme le thème de la pauvreté traverse le XIV ème siècle, il justifie l’existence de richesses pour l’Église. Dans une bulle en 1323 il précise que le Christ et ses apôtres avaient possédé des biens, et comme le Pape est le successeur de Pierre, il se devait d’avoir des biens. Sous son pontificat commence la construction du palais d’Avignon, agrandissement du siège de l’Évêché.
  • Clément VI, Pape de 1342 à 1352. Il a une double formation de droit et de théologie. Très fastueux, il double la superficie du palais pontifical car son objectif est d’avoir une cour supérieure à celle du Roi de France. En 1348, il achète Avignon au Roi de Sicile.

L’ensemble des papes d’Avignon pratiquent le népotisme, c’est-à-dire qu’ils nomment des membres de leur famille, parents et amis souvent issus de leurs lieux géographiques d’origine. À titre d’exemple, les papes d’Avignon créent 134 cardinaux, 95 d’entre eux d’origine méridionale, dont 48, compatriotes des papes. Seulement 13 sont italiens, et pour faire plaisir au Roi de France, quelques-uns sont de langue d’oïl. Ces cardinaux proviennent pour 91 d’entre eux des ordres séculiers (vivant dans le siècle) et 43 des ordres réguliers (contraints à la Règle : clôture, silence, abstinence).

À Avignon, l’organisation de l’Église se structure avec la cour pontificale ou curie romaine qui est le gouvernement. Il s’agit du personnel se trouvant autour du pape et constituant un appareil administratif :

  • La Chambre apostolique est une service très important qui s’occupe de la gestion des revenus et des dépenses de la papauté qui a aussi pour tâche de perfectionner la collecte des fonds à travers tout l’occident. À cette époque, l’or afflue à Avignon et tous les mouvements sont consignés dans des registres.
  • La Chancellerie, pour sa part, s’occupe de la correspondance du pape et édite donc les bulles.
  • La Pénitencerie est un service chargé du fonctionnement de la juridiction spirituelle du Pape. Il y juge les fautes graves mais souvent il délègue au Grand pénitencier.
  • Le tribunal de la Rote juge en appel les décisions contestées des tribunaux inférieurs.
  • Le tribunal de l’Inquisition dépend directement du Pape et combat l’hérésie.

Le caractère complexe du fonctionnement de l’administration de la curie est très efficace. Il va servir de modèle auprès des souverains.

À ce moment-là, l’Église est devenue plus rigoureuse mais aussi la plus vaste monarchie du monde. Au travers des bulles pontificales, elle favorise la création d’universités. D’autre part, les papes d’Avignon vont favoriser le sud de la France et Montpellier en particulier car les médecins qui y résident vont soigner les souverains pontifes.

Le XIV ème siècle va connaître un renforcement des ordres mendiants dominicains et franciscains, apparus au XIII ème siècle et chargés de combattre l’hérésie. Ces ordres sont entre réguliers et séculiers mais leurs membres ne sont pas moines même s’ils vivent dans des couvents.

Les ordres religieux sont nombreux et divers. Mais le monachisme (institution monastique) connaît une crise au XIV ème siècle. Des papes d’Avignon dont Benoît XII (1334-1342) vont tenter des réformes. Par contre d’autres comme son successeur Clément VI (1342-1352) ne partagent pas cette volonté. Les ordres monastiques connaîtront donc encore crises et difficultés.

Il faudra attendre la fin du grand schisme d’occident qui va diviser l’Église de 1378 à 1417 avant d’assister à un renouveau du monachisme. Cette période connaîtra deux papes, l’un français l’autre italien. À noter que les deux papes élus et soutenus par les Français rétablissent Avignon comme siège de la papauté de 1379 à 1415.



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