Le 1er mai dans l’Hérault.

Les origines.

C’est lors du congrès constitutif de la IIème Internationale, se tenant à Paris en 1889 à l’occasion du centenaire de la Révolution française, que prend naissance l’idée d’une journée de manifestation internationale pour le 1er mai.
Déjà, au cours de son congrès de 1884, le syndicat American Federation of Labor (AFL) avait décidé « … de ne plus travailler que huit heures jour à partir du 1er mai 1886… ». C’est à Chicago que des affrontements vont se produire à l’issue de la grève, la police tire et fait six morts et une cinquantaine de blessés. Il y aura d’autres victimes lors des obsèques le 3 mai et une dure répression touchera les dirigeants syndicaux qualifiés de « meneurs ». Six d’entre eux seront condamnés à mort et exécutés en 1887. À son congrès de 1888, l’AFL maintient son appel à la grève prévoyant un temps fort le 1er mai 1890. Cela va influencer les décisions de l’Internationale qui précise dans sa résolution adoptée à l’issue du con-grès : « Il sera organisé une grande manifestation internationale à date fixe, de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la jour-née de travail… » L’appel de l’AFL pour le 1er mai 1890 est évoqué plus loin.
A partir de 1890, les travailleurs français, malgré les répressions, s’engagent dans l’action du 1er mai. C’est en 1891 à Fourmies, cité industrielle du Nord, que lors d’affrontements avec la police et la troupe, dix victimes et plusieurs dizaines de blessés sont dénombrées.

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Dans l’Hérault.

Avant 1895, date de la création de la CGT.

Les rapports de police et de gendarmerie ainsi que la presse font état de mobilisations. Le Petit Méridional du 2 mai 1891 indique :
- Pour Béziers, « Malgré le nombre assez important d’ouvriers qui ont chômé, le calme n’a pas été troublé. Aucun incident à signaler. »
- Pour Cette (Sète), « De nombreux rassemblements s’étant formés dans les rues adjacentes à la place de l’hôtel de ville, la troupe ayant été sifflée et des pierres ayant été jetées à la gendarmerie, plusieurs charges ont été poussées par la force armée. De nombreuses arrestations ont été opérées. »
- Pour Clermont-l’Hérault, « La manifestation a été très pacifique. »
- Pour Mèze, Lodève et Pézenas, pas de manifestation, le calme règne.
Un rapport de la gendarmerie de Graissessac précise que les mineurs « … sans se livrer à aucune manifestation, ont quitté, ceux travaillant à la mine du Grand-Champ au nombre de 150 environ, leur travail à 2 heures ½ du soir au lieu de 5 heures… ». Le directeur déclarant « … qu’il avait cru comprendre qu’ils réclamaient la journée de huit heures de travail. »
En 1893, la presse fait état d’initiatives à Agde.
En 1894, l’Éclair du mois de mai fait état d’informations de la préfecture pour le 1er mai à Montpellier et signale « … à onze heures… le passage d’une centaine de manifestants… Dans l’après-midi… une trentaine de personnes traversant la place de la Comédie dans le plus grand désordre… »

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Après 1895 et la naissance de la CGT.

Pézenas et Cournonterral sont signalés en 1897 par la presse pour des célébrations.
Le Travailleur Syndiqué, journal de la CGT pour Montpellier et sa région, de mai 1907, appelle pour le 1er mai « Le matin à 10 heures à la Bourse du travail, réunions des diverses corporations groupées par industries et l’après-midi à une conférence publique… sur… la valeur sociale du syndicalisme. »
En 1914, différents rapports de police soulignent qu’à Mèze « Aucune réunion n’a été tenue à la Bourse du travail où le drapeau rouge a été arboré ». Pour Pézenas, le programme du 1er mai indique un rassemblement et une manifestation avant le « … concert… à 8 heures du soir. Les quatre syndicats des charretiers, travailleurs de terre, plâtriers et maçons, et employés de commerce doivent y assister avec leurs drapeaux. »
En 1928, le commissaire rend compte du 1er mai à Sète « … le chômage a été complet dans toutes les corporations ouvrières : dockers, charbonniers, charretiers, ouvriers du bois merrains et des bois du Nord et Sapins, ouvriers de chaix, soutireurs, métallurgistes, etc… Le sieur Brout, délégué de la CGTU y a pris la parole en présence d’un auditoire d’environ 500 personnes… » La même année encore, « À Montpellier, des réunions publiques… le 30 avril au soir, organisées par la CGTU, 200 personnes environ y assistaient. »
En 1930, pour Bédarieux le commissaire de police précise au préfet « Aucun emblème séditieux n’a été arboré sur les monuments publics. »
Le Travailleur du Languedoc, hebdomadaire du PCF de l’Aude et de l’Hérault, du 6 mai 1939 signale « à l’occasion du Premier mai 1939 – 13 meetings dans l’Hérault, grève totale sur le port de Sète ». Ce même hebdomadaire, le 29 avril 1939, donne la liste des villes et des villages où auront lieu les meetings à savoir « Montpellier, Sète, Thézan-les-Béziers, Graissessac, Le Bousquet d’Orb, Marsillargues, Montblanc, Marseillan, Lunel, Frontignan, Bédarieux, Béziers, Mauguio ».
Le Midi Libre dans ses éditions des 30 avril et 2 mai 1953 se fait l’écho des manifestations dans le département dont « 1500 travailleurs cégétistes » à Montpellier.
Les Renseignements généraux font état pour 1962 d’action à Neffiès et d’un rassemblement de 500 Républicains espagnols au pavillon populaire de Montpellier.
En 1968, c’est un 1er mai à l’appel de la CGT, de la CFDT et de la FEN à Montpellier.
Les années qui suivent voient de nombreuses manifestations à l’occasion de 1er mai souvent marqués par les luttes régionales comme celle de Ladrecht et bien d’autres.
Mais, le 1er mai 2002 va revêtir une importance particulière car situé entre les deux tours, les 21 avril et 5 mai, de l’élection présidentielle pour laquelle le candidat du Front national se trouve en situation d’être au deuxième tour. Le rassemblement et la manifestation de Montpellier va rassembler ce jour-là 50 000 participants pour les revendications mais aussi contre la haine, le racisme et la xénophobie. Les salariés dans leur ensemble envoient un message fort.

En fin de compte.
Cette journée du 1er mai « n’acquiert paradoxalement son statut définitif de « jour férié et chômé » qu’en 1948″. Avant, nos anciens, lorsqu’ils faisaient grève étaient licenciés, poursuivis et parfois emprisonnés.
Alors, n’oublions pas l’importance du 1er mai comme journée de lutte pour nos revendications car, comme le disait Mirabeau (révolutionnaire français, noble d’origine) : « Prenez garde, ne dédaignez pas ce Peuple qui produit tout, ce Peuple qui, pour être formidable, n’aurait qu’à être immobile. »

Sources : Archives fournies par l’UD CGT 34
Tartakowsky Danielle, La part du rêve, histoire du 1er mai en France
Séguy Georges, 1er mai , les 100 printemps



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