LADRECHT

Treize mois de lutte des mineurs, soutenus par toute la région, dont l’Union Départementale de l’Hérault, jusqu’à la victoire pour extraire du charbon français, pour maintenir et créer des emplois.

Le conflit démarre le 5 mai 1980, les mineurs des Cévennes occupent le puits Destival. Ils se mettent en grève illimité en refusant la fermeture de leur puits et en exigeant l’ouverture de Ladrecht et son exploitation. Mais déjà, en 1979, un avertissement avait été lancé à la direction et aux pouvoirs publics. Du 29 décembre au 31 décembre les mineurs avaient occupé le puits Destival.
C’est à ce moment là que naît « Radio Castagne ». Dés le 8 mai 1980, Henri Krazucki, secrétaire confédéral, lors d’un meeting à Destival devant plusieurs milliers de personnes, déclare : « Nous vivons aujourd’hui un nouveau combat, celui de la reconquête du charbon français et cévenol. Notre lutte dépasse l’intérêt des seuls mineurs, elle défend l’avenir de toute une région. »
Les enjeux sont posés clairement.
Henri Krazucki précise, dans un article de presse, « … pendant vingt ans la production française s’est effondrée de près de 60 millions de tonnes à 20 millions au point d’importer plus que nous n’extrayons alors qu’il y a de bons gisements dans notre sous-sol. Retenons seulement ce fait capital : désormais, depuis le Conseil des ministres du 2 avril, le gouvernement a décidé de changer sa politique charbonnière, d’en augmenter la consommation au point que le charbon représente 30 % des sources d’énergie du pays. » La donne est changée et les mineurs avec la CGT l’ont bien compris, il n’est pas question que cela se traduise par « une nouvelle augmentation des importations ».
D’autant que Ladrecht possède un gisement de « 8,5 millions de tonnes d’anthracite à haute valeur calorifique et marchande » d’après une étude du CESR (Comité Économique et Social Régional).
C’est une mobilisation sans précédent des salariés et de la population pour faire gagner les mineurs. Du 27 mai au 1er juin, les communistes organisent le vote des cévenols et 30000 OUI sont récoltés. Le 29 août, à Alès, au fond de la mine, Georges Séguy, Secrétaire général de la CGT, déclare : « l’action des mineurs des Cévennes est un exemple et leur lutte qui prend aujourd’hui un dimension nationale construira et s’intensifiera ». Le 9 septembre les mineurs qui occupent la direction sont expulsés par les CRS mais la riposte de la population alésienne est à la mesure de l’agression et, dans la nuit, 2000 cévenols sont dans la rue « les sirènes de la ville ayant données l’alerte… »
Le 24 octobre, les mineurs de toute la France « montent » à Paris, cela donne un retentissement national à l’action des « gueules noires » cévenoles.
Les soutiens sont nombreux, multiples et divers. Le Pape Jean-Paul II s’adresse aux mineurs, le célèbre trompettiste Maurice André qui donne une soirée de solidarité ou encore le charbon étranger ne peut plus circuler en toute impunité dans la région car les mineurs mais aussi les autres travailleurs s’en « occupent ».
Le 29 novembre 1980, la région se met en marche vers Alès et 25000 travailleurs viennent exiger : « Non ! La mine ne doit pas mourir, par Ladrecht, elle vivra ». Les héraultais sont au moins 4000 à cette initiative.
Le premier Noël va se dérouler sur le carreau Destival, comme le soir de la St Sylvestre, avec les mineurs et leurs familles et avec le soutien de leurs amis.
Le soutien aux « gueules noires » s’élargit dans la région comme à l’étranger. Comme le mineur bolivien Simon Reynest ou l’URSS qui ne livre plus d’anthracite à la France en solidarité aux mineurs français et cévenols ou encore les élus socialistes qui votent les crédits de 11 millions de Francs pour les travaux de reconnaissance du gisement de Ladrecht. Et courant avril le mur séparant Destival de Ladrecht est percé.
Le 13 mars 1981, à Montpellier, 50000 personnes dont de nombreux héraultais soutiennent les mineurs.
Lors du 1er anniversaire de la lutte, le 5 mai 1981 « les mineurs sont dans la capitale. Paris a vu un de ses monuments « La porte St Denis » transformé en puits de mine. La capitale est devenue pour un jour Paris – en Ladrecht ».
Après l’élection de François Mitterand comme président de la République le rapport des forces se modifie.
Après plus de 13 mois de luttes c’est enfin, le 11 juin 1981, la signature d’un accord donnant satisfaction aux mineurs et leur syndicat.
La poursuite et l’extension de l’exploitation à Destival et à Ladrecht va se traduire, à terme, par plus de 300 embauches, dont 20 immédiatement pour le fond.
Le 13 juin 1981, une immense fête se déroule à Ladrecht avec un spectacle pyrotechnique offert par la CGT devant la fresque réalisée par des artistes locaux indiquant « Parlez de nous ». Ce qui fut largement fait car lorqu’un peuple se mobilise, rien ne peut résister.
Mais dés la fin 1984, d’autres impératifs économiques prennent le dessus et l’exploitation charbonnière cessera.
L’austérité n’est pas bonne conseillère.



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