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Mémoire de Master II.

  • CGT – CGTU et leurs « Tribune des Cheminots » 1920/1939

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Travaux universitaires.

  • Histoire et Anthropologie : avec le temps émergence d’une culture cheminote.
  • Concept de dépassement du capitalisme
  • Etudes sur les exploitations agricoles en Languedoc-Roussillon
  • Résumé du livre de GUENNE Bernard : Entre l’Eglise et l’Etat quatre vie de prélats français à la fin du Moyen Age.
  • Compte rendu du livre de GUILLAUMIN Emile : La vie d’un simple

Articles publiés dans la presse.

  • Hier comment fonctionnait le rail ?
  • La grève un droit constamment remis en cause.
  •  La place du vin dans la Rome antique.
  • L’olivier, une marque particulière de la Méditerranée.
  • Le suffrage universel une conquête inachevée.
  • Histoire de rails.
  • La sécu a 60 ans avec un oublié volontaire « Ambroise CROIZAT ».
  • Université et faculté une histoire ancienne à Montpellier.
  • Egalité entre les femmes et les hommes : une longue histoire.
  • Droit du travail.
  • La vie à Montpellier au XVII ème siècle.
  • 40 ans après les grèves de mai-juin 1968.
  • L’origine du statut des cheminots. Et maintenant…
  • Du CNR aux 30 glorieuses
  • Manifestation de Charonne
  • Le 1er mai dans l’Hérault

Exposés.

  • Présentation de la Cité de Carcassonne
  • Les  90 ans du PCF

Recherches récentes.

  • Clara Zetkin, militante féministe et révolutionnaire Allemande.
  • Création de la CES 1973
  • Les chemins de fer au 19ème siècle (Loi Guizot)
  • Georges Séguy : biographie
  • Association Internationale des travailleurs (1ère Internationale)
  • 17 octobre 1961
  • La papauté à Avignon
  • Guerre d’Algérie : quelques élèments pour comprendre ce conflit.

Exposés en cours de rédaction.

  • Evolution des structures territoriales au travers des siècles.

A venir

  • Courte biographie sur Georges Séguy.

Articles récents

Le 1er mai dans l’Hérault

Les origines.

C’est lors du congrès constitutif de la IIème Internationale, se tenant à Paris en 1889 à l’occasion du centenaire de la Révolution française, que prend naissance l’idée d’une journée de manifestation internationale pour le 1er mai.
Déjà, au cours de son congrès de 1884, le syndicat American Federation of Labor (AFL) avait décidé « … de ne plus travailler que huit heures jour à partir du 1er mai 1886… ». C’est à Chicago que des affrontements vont se produire à l’issue de la grève, la police tire et fait six morts et une cinquantaine de blessés. Il y aura d’autres victimes lors des obsèques le 3 mai et une dure répression touchera les dirigeants syndicaux qualifiés de « meneurs ». Six d’entre eux seront condamnés à mort et exécutés en 1887. À son congrès de 1888, l’AFL maintient son appel à la grève prévoyant un temps fort le 1er mai 1890. Cela va influencer les décisions de l’Internationale qui précise dans sa résolution adoptée à l’issue du con-grès : « Il sera organisé une grande manifestation internationale à date fixe, de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la jour-née de travail… » L’appel de l’AFL pour le 1er mai 1890 est évoqué plus loin.
A partir de 1890, les travailleurs français, malgré les répressions, s’engagent dans l’action du 1er mai. C’est en 1891 à Fourmies, cité industrielle du Nord, que lors d’affrontements avec la police et la troupe, dix victimes et plusieurs dizaines de blessés sont dénombrées.

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Dans l’Hérault.

Avant 1895, date de la création de la CGT.

Les rapports de police et de gendarmerie ainsi que la presse font état de mobilisations. Le Petit Méridional du 2 mai 1891 indique :
- Pour Béziers, « Malgré le nombre assez important d’ouvriers qui ont chômé, le calme n’a pas été troublé. Aucun incident à signaler. »
- Pour Cette (Sète), « De nombreux rassemblements s’étant formés dans les rues adjacentes à la place de l’hôtel de ville, la troupe ayant été sifflée et des pierres ayant été jetées à la gendarmerie, plusieurs charges ont été poussées par la force armée. De nombreuses arrestations ont été opérées. »
- Pour Clermont-l’Hérault, « La manifestation a été très pacifique. »
- Pour Mèze, Lodève et Pézenas, pas de manifestation, le calme règne.
Un rapport de la gendarmerie de Graissessac précise que les mineurs « … sans se livrer à aucune manifestation, ont quitté, ceux travaillant à la mine du Grand-Champ au nombre de 150 environ, leur travail à 2 heures ½ du soir au lieu de 5 heures… ». Le directeur déclarant « … qu’il avait cru comprendre qu’ils réclamaient la journée de huit heures de travail. »
En 1893, la presse fait état d’initiatives à Agde.
En 1894, l’Éclair du mois de mai fait état d’informations de la préfecture pour le 1er mai à Montpellier et signale « … à onze heures… le passage d’une centaine de manifestants… Dans l’après-midi… une trentaine de personnes traversant la place de la Comédie dans le plus grand désordre… »

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Après 1895 et la naissance de la CGT.

Pézenas et Cournonterral sont signalés en 1897 par la presse pour des célébrations.
Le Travailleur Syndiqué, journal de la CGT pour Montpellier et sa région, de mai 1907, appelle pour le 1er mai « Le matin à 10 heures à la Bourse du travail, réunions des diverses corporations groupées par industries et l’après-midi à une conférence publique… sur… la valeur sociale du syndicalisme. »
En 1914, différents rapports de police soulignent qu’à Mèze « Aucune réunion n’a été tenue à la Bourse du travail où le drapeau rouge a été arboré ». Pour Pézenas, le programme du 1er mai indique un rassemblement et une manifestation avant le « … concert… à 8 heures du soir. Les quatre syndicats des charretiers, travailleurs de terre, plâtriers et maçons, et employés de commerce doivent y assister avec leurs drapeaux. »
En 1928, le commissaire rend compte du 1er mai à Sète « … le chômage a été complet dans toutes les corporations ouvrières : dockers, charbonniers, charretiers, ouvriers du bois merrains et des bois du Nord et Sapins, ouvriers de chaix, soutireurs, métallurgistes, etc… Le sieur Brout, délégué de la CGTU y a pris la parole en présence d’un auditoire d’environ 500 personnes… » La même année encore, « À Montpellier, des réunions publiques… le 30 avril au soir, organisées par la CGTU, 200 personnes environ y assistaient. »
En 1930, pour Bédarieux le commissaire de police précise au préfet « Aucun emblème séditieux n’a été arboré sur les monuments publics. »
Le Travailleur du Languedoc, hebdomadaire du PCF de l’Aude et de l’Hérault, du 6 mai 1939 signale « à l’occasion du Premier mai 1939 – 13 meetings dans l’Hérault, grève totale sur le port de Sète ». Ce même hebdomadaire, le 29 avril 1939, donne la liste des villes et des villages où auront lieu les meetings à savoir « Montpellier, Sète, Thézan-les-Béziers, Graissessac, Le Bousquet d’Orb, Marsillargues, Montblanc, Marseillan, Lunel, Frontignan, Bédarieux, Béziers, Mauguio ».
Le Midi Libre dans ses éditions des 30 avril et 2 mai 1953 se fait l’écho des manifestations dans le département dont « 1500 travailleurs cégétistes » à Montpellier.
Les Renseignements généraux font état pour 1962 d’action à Neffiès et d’un rassemblement de 500 Républicains espagnols au pavillon populaire de Montpellier.
En 1968, c’est un 1er mai à l’appel de la CGT, de la CFDT et de la FEN à Montpellier.
Les années qui suivent voient de nombreuses manifestations à l’occasion de 1er mai souvent marqués par les luttes régionales comme celle de Ladrecht et bien d’autres.
Mais, le 1er mai 2002 va revêtir une importance particulière car situé entre les deux tours, les 21 avril et 5 mai, de l’élection présidentielle pour laquelle le candidat du Front national se trouve en situation d’être au deuxième tour. Le rassemblement et la manifestation de Montpellier va rassembler ce jour-là 50 000 participants pour les revendications mais aussi contre la haine, le racisme et la xénophobie. Les salariés dans leur ensemble envoient un message fort.

En fin de compte.
Cette journée du 1er mai « n’acquiert paradoxalement son statut définitif de « jour férié et chômé » qu’en 1948″. Avant, nos anciens, lorsqu’ils faisaient grève étaient licenciés, poursuivis et parfois emprisonnés.
Alors, n’oublions pas l’importance du 1er mai comme journée de lutte pour nos revendications car, comme le disait Mirabeau (révolutionnaire français, noble d’origine) : « Prenez garde, ne dédaignez pas ce Peuple qui produit tout, ce Peuple qui, pour être formidable, n’aurait qu’à être immobile. »

Sources : Archives fournies par l’UD CGT 34
Tartakowsky Danielle, La part du rêve, histoire du 1er mai en France
Séguy Georges, 1er mai , les 100 printemps


L’extrême droite en France

L’Extrême droite en France
Quelques éléments de réflexion

Les origines de la doctrine remontent aux contres-révolutionnaires, tenants du traditiona-lisme, en réaction à la Révolution française et à la République.
« Mais l’apport le plus décisif sera l’œuvre de deux hommes, Joseph de Maistre et Louis de Bonald qui poseront les véritables fondements de la première doctrine d’extrême droite. » Ils confèrent à la puissance divine une prépondérance qui la met au-dessus des hommes. Ils jettent les bases « de la première doctrine constituée de l’extrême droite », convaincus de la mort de l’Ancien Régime et de la nécessité de trouver un autre système. Même s’ils ap-paraissent « comme les vestiges respectables d’un monde révolu » des idées fortes demeu-rent. Pour eux :
- L’ordre est un des éléments essentiels
- Ils critiquent le rôle que peuvent jouer les intellectuels
- L’armée occupe une place primordiale
- L’idée du nationalisme est centrale
- La division entre l’élite et le peuple est permanente et donc le peuple doit être dirigé.
- L’Église joue un rôle important
Dans les crises ou affaires qui marquent le XXème siècle, différents mouvements d’extrême droite vont voir le jour, comme l’Action française (AF) dont la naissance est due à l’Affaire Dreyfus (1894-1906), et qui est dirigée par Charles Maurras. Ses adeptes ont deux hanti-ses, d’une part la décadence qui peut être morale ou spirituelle, et d’autre part la théorie du complot dirigé par les loges maçonniques, les juifs, les étrangers et les marxistes. Dans ses écrits, d’ailleurs, Maurras parle « des quatre États confédérés » qui sont « tous des juifs, des protestants, des métèques ou des francs-maçons. » Mais pour les mouvements d’ex-trême droite « le complot juif » est « le plus important » et est responsable des deux guerres mondiales.

Présentation des extrêmes droites (ou ligues) qui ont existé entre 1900 et 1945.
Deux ligueurs apparaissent au début du XXème siècle, Déroulède, fondateur de la Ligue des patriotes et Guérin qui anime la ligue antisémite. « Sur les ruines des premières ligues du début du siècle s’élève un mouvement qui va exercer, pendant plus de quarante ans, une influence considérable sur l’extrême droite : l’Action française ». Charles Maurras va en devenir l’un des responsables majeurs. Son originalité, une « combinaison du nationalisme et du traditionalisme contre-révolutionnaire, deux traditions qui jusque là ne s’accordaient guère… En second lieu, l’AF se différencie des autres ligues par son souci d’élaborer une doctrine cohérente… les mouvements précédents ayant échoué faute d’avoir su définir avec clarté leurs objectifs. » Au cœur de son programme, une critique de la démocratie et du parlementarisme, la nécessité de rétablir la monarchie et, pour l’Église, « la légitimation du pouvoir ne provenant que de Dieu ». Cela, alors que Maurras n’est plus croyant.
C’est en 1908 que se créent les Camelots du Roi dirigés par Maxime Réal del Sartre. Au lendemain de la première guerre mondiale, vers 1919, les ligues se multiplient et c’est l’apparition des premières idéologies totalitaires. Les associations d’anciens combattants, avec leurs trois millions d’adhérents, jouent un rôle important dans la vie politique françai-se. Elles sont « animées par un fort antiparlementarisme mais aussi par un républicanisme incontestable, les anciens combattants souhaitent un renforcement de l’exécutif et une rationalisation du législatif. » À noter aussi en contrepoint la naissance du Parti communiste français (PCF) en décembre 1920 et la création de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) en 1922 issue d’une scission d’avec la CGT.
La crise des années trente (1931 en France) va accroître les tensions.
Les Croix-de-Feu apparaissent en 1927 dont l’un des dirigeants à partir de 1931 est le colonel François de La Rocque. « Les Croix-de-Feu ont une structure paramilitaire imitée du parti mussolinien ». Pourtant elles refusent de s’allier avec les autres ligues lors de l’at-taque de l’Assemblée nationale du 6 février 1934. Elles sont en concurrence avec l’Action française. En 1935, les Croix-de-Feu deviennent le Mouvement social français (MSF) et obtiennent 20 députés aux élections législatives de 1936. Après la dissolution des ligues par le gouvernement du Front populaire, La Rocque crée le Parti social français (PSF) qui rencontrera un certain succès. « Poursuivant son action dans le cadre des institutions répu-blicaines, le PSF occupe une place importante sur la scène politique en 1939. Sous l’occu-pation, La Rocque sera partisan du maréchal Pétain mais se montrera hostile à la politique de collaboration du gouvernement avec l’Allemagne nazie. »
À noter la création des Jeunesses patriotes en 1934 qui sont issues de la section jeune de la ligue des patriotes avec à leur tête Pierre Taittinger. Celui-ci « … soutiendra la politique du Maréchal et sera à partir de 1943 président du Conseil municipal de Paris ».
En 1924, le général de Castelnau participe à la création de la Fédération nationale catholi-que (FNC). Elle « … se veut le porte-parole des catholiques conservateurs qui s’inquiètent plus de la diffusion du communisme que de la montée du fascisme en Allemagne et en Italie. » En 1936, elle s’engage contre le Front populaire, en 1938, se range dans le camp des munichois et sous le régime de Vichy, certains choisissent la collaboration. »
Quelques organisations d’extrême droite s’implantent dans la paysannerie avec Dorgères dans l’ouest et Bilger dans l’est du pays. Mais seule une minorité de paysans participent ou soutiennent ces organisations.
Dans la mouvance d’extrême droite, Jacques Doriot (exclu du PCF en 1934) crée en 1936 le Parti populaire français (PPF). Ce mouvement est composé d’anciens communistes, d’anciens maurrassiens, d’anciens Croix-de-Feu et d’intellectuels. C’est un parti jeune et avec une importante composante ouvrière. S’il dénonce le capitalisme et le libéralisme, il dépend essentiellement des « … subventions du patronat… » Doriot « … opère un glisse-ment à droite… » et son mouvement prend une connotation fasciste par ses méthodes, son programme, sa xénophobie et son antisémitisme, et son culte du chef.
La Cagoule, dans ces années entre deux guerres regroupe le Comité secret d’action révo-lutionnaire (CSAR) dirigé par Eugène Deloncle qui organise la mise en place de caches d’armes, et l’Union des comités d’action défensive ou Cagoule militaire créée par le géné-ral Dusseigneur. La Cagoule multiplie les attentats dans les années 1936-1937 qui sont dénoncés par les mouvements d’extrême droite. « Les ligues ne constituent pas, durant l’entre-deux-guerres, le seul instrument au service de l’extrême droite. » La presse nationa-liste et ses écrivains dont Drieu la Rochelle, Céline ou Brasillach jouent un rôle important.
Avec la signature de l’armistice en juillet 1940, les divisions de l’extrême droite se poursui-vent avec, d’une part « les maréchalistes » et, d’autre part « les pro-nazis ». Ils « ne partagent pas les mêmes ambitions. » Et pendant quatre ans, les affrontements pour la conquête du pouvoir « vont se prolonger sur fond d’occupation étrangère, la guerre nationale se mue en guerre franco-française. »
L’évolution de Vichy, de l’État français sous la direction de Pétain, va comporter deux grandes phases. La première est celle de la Révolution nationale avec comme mot d’ordre « Travail, Famille, Patrie » et avec pour objectif le « redressement national ». Mais « dés la fin de l’année 1941, il est clair que la Révolution nationale est un échec, les résultats obtenus étant à l’exact opposé des objectifs initiaux. » C’est l’apparition du « second Vichy » avec la création « de la Milice, du STO et des cours martiales expéditives ». Rapidement « la collabo-ration mène au déshonneur et à la complicité avec le nazisme. »
En conclusion, « tous les fascistes de 1940 ne jouèrent pas la carte allemande, mais tous les collaborationnistes de 1944 étaient devenus fascistes. »

Après la fin de la guerre il faudra une dizaine d’année pour que les mouvements d’extrême droite se rétablissent. Mais c’est la guerre d’Algérie qui permettra « son plein épanouisse-ment. » Dés 1947 pourtant, paraît le premier périodique d’extrême droite Écrits de Paris.
Les années cinquante sont « propices à l’émergences d’individualités d’extrême droite qui, faisant jouer, en leur faveur les difficultés du moment, sauront se faire entendre. » C’est là qu’apparaissent alors les noms de Jean-Louis Tixier-Vignancour, Jean-Marie Le Pen et Pierre Poujade, adhérents de l’Union des intellectuels indépendants créée par Charles de Jonquières.
Jean-Louis Tixier-Vignancour avait rallié Pétain et été condamné à la Libération. En 1965, candidat à l’élection présidentielle, il obtient 5,27 % des voix au premier tour avec Jean-Marie Le Pen comme directeur de campagne.
Pierre Poujade s’était rallié à Vichy en 1940. En novembre 1953, il crée l’Union de défense des commerçants et artisans (UDCA) qui va se prononcer pour l’Algérie française. Ce mouvement rassemble plusieurs filiales comme l’Union de défense de la jeunesse françai-se (UDJF) présidée par Jean-Marie Le Pen. L’UDCA réalise 11,5 % des suffrages lors des législatives de 1956, Jean-Marie Le Pen devenant alors député.
La poursuite de la guerre d’Algérie, l’arrivée du Général De Gaulle au pouvoir en mai 1958 voient une accélération des événements.
Les années passant, une issue positive au conflit algérien est exigée par une large majorité de la population et entraîne un clivage des positions de l’extrême droite. Début 1961, 75,2 % des votants au référendum sont favorables à la politique d’autodétermination en Algérie et, dans la même période, se constitue l’Organisation armée secrète (OAS). Cette organisation d’extrême droite réunit dans la clandestinité des militaires et des civils qui vont pratiquer la violence estimant qu’elle « seule nous donnera la parole à présent. » Après les accords d’Évian du 18 mars 1962, l’indépendance de l’Algérie est inéluctable. C’est alors que l’OAS « … se livre à des exactions aussi sanglantes que désespérées. La politique de la terre brûlée témoigne de l’ampleur de la faillite. » Mais « la France défaite en Algérie, voilà qui porte un coup sévère à l’extrême droite qui a soutenu et s’est impliquée directement dans la cause « Algérie Française ». » C’est donc une traversée du désert pour l’extrême droite qui poursuit tout de même son combat contre De Gaulle.
Quelques mouvements tentent de se structurer avec Occident et Ordre nouveau puis, en octobre 1972, apparaît le Front national dont un des animateurs est Jean-Marie Le Pen.
En 1969, apparaît le Groupement de recherches et d’études pour la civilisation européen-ne (GRECE). C’est une « société de pensée à vocation intellectuelle. » Son objectif est de donner des arguments pour contrer et combattre l’adversaire et procéder à une rénovation doctrinale.
En 1975, se crée le Comité de liaison des officiers et sous officiers de réserve (CLOSOR) avec comme objectifs de « … promouvoir l’idée de la défense…  » et »… réconcilier la nation avec l’armée… ». Le CLOSOR est secondé par le cercle Clausewitz (formé par des offi-ciers d’actives membre du GRECE) et publie la revue Nation Armée.
Au cours de ces années-là, la Nouvelle Droite favorise un certain nombre de conceptions qui vont influencer la droite et l’extrême droite.
Dans les années 80, en particulier aux législatives de 1983, une percée du Front national est notable avec l’élection de 30 députés au Parlement. « Le Front national a choisi l’option légaliste et non l’agitation ligueuse pour conquérir le pouvoir… ». En effet « … l’originalité de son idéologie étant de réunir en un tout composite les éléments empruntés ça et là aux diverses familles extrémistes. » Tout de même, le Front national conserve quelques ambi-guïtés sur plusieurs sujets et ses relations qui lui donnent une coloration néo-fasciste. Mais son programme ne peut pas être identifié à un parti fasciste. À noter quand même que Rivarol est l’hebdomadaire le plus important d’extrême droite et qu’il a tendance à se rapprocher du courant néo-fasciste.
Les catholiques proches de l’extrême droite se divisent en deux camps, les intégristes menés par Monseigneur Lefebvre (comptant près de 100 000 fidèles) et les modérés.
En conclusion, « … chaque fois portée par des crises à l’avant scène, l’extrême droite n’a jamais vraiment pu bénéficier de celles-ci, au point de devoir à maintes reprises retourner dans l’ombre, pour une durée plus ou moins longue. » « Elle aura aussi été « … incapable de masquer la pauvreté de ses propositions, indigence qui la conduit invariablement à la perte d’un électorat occasionnel ».
Mais les idées d’extrême droite sont, au cours des décennies, dénoncées et combattues par les forces progressistes syndicales et politiques qui les font reculer.

Sources :
Chebel d’Appollonia Ariane, l’Extrême droite en France. De Maurras à Le Pen.
Sous la direction de Maryse Souchard, Benamar Médiène, Jean Talet, Fascismes d’hier et d’aujourd’hui.

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